109 rue des soupirs: fantômes de soirée (T5)

A partir de 9 ans • Halloween sans un nouveau tome de cette géniale série BD n’est pas Halloween chez nous.
Pour rappel, voici le lien vers les chroniques des précédents tomes: Paf!

Au 109 rue des soupirs, il y a Elliot et sa famille. Non, pas ses parents: eux, ils brillent par leur absence et passent leur temps à bosser au lieu d’élever leur fils. La famille de cœur d’Elliot, celle qui s’occupe vraiment de lui au quotidien, c’est Walter, le vieux shérif trapu, un peu brut de décoffrage et au cerveau un peu HS; Eva, une genre de Castafiore très maternelle qui tient la petite troupe; Amédée, qui a plutôt un rôle de grande sœur gothique, assez marrante avec son parler d’ado rebelle et sa tête décapitée amovible; et Angus, l’auteur raté dépressif et un peu trouillard. Tous fantômes de leur état.

Après de tumultueuses aventures en tous genres (voir les tomes précédents), cette étrange petite troupe pense avoir tout vécu et s’imagine à l’abri de nouvelles galères. En particulier à l’abri de la pénible chasseuse de fantômes, Ulrika von Paprika, qui n’a d’autre obsession que de capturer les 4 fantômes qui servent de famille au jeune Elliot. Alors oui, un peu de calme, ça serait top, mais c’est sans compter l’arrivée de nouveaux voisins fort bruyants. Le manque de sommeil dû au tapage intempestif va pousser nos héros à s’aventurer hors du manoir pour aller se confronter à cette bande d’hurluberlus et faire taire ce vacarme à réveiller les morts. On s’en doute, la situation va déraper et échapper à Elliot, comme à chaque fois avec cette bande d’ectoplasmes écervelés. On ajoute à ça le retour inévitable de la fameuse Ulrika von Paprika, des blagues foireuses à gogo et on replonge avec délice dans l’univers déjanté et bon enfant du 109 rue des soupirs.

Cette série de BD pour jeune public est très réussie. Bourrée d’humour, au rythme soutenu, elle est tout sauf cucul et ouvre les portes de tout un univers BD un peu plus mature à de jeunes lecteurs.
On connaît déjà le travail du scénariste, Mr Tan, avec Mortelle Adèle, Les petites filles cruelles ou Shaker Monster, ou encore avec la série du Monstre du placard, ou Simon Portepoisse sorti sous son nom, Antoine Dole. On lui sait un goût certain pour les petits héros au caractère bien trempé et à la langue bien pendue et autres créatures gentiment monstrueuses. Les illustrations sont ultra expressives: le dessinateur use et abuse des super gros plans et de tous les jeux de cadrages possibles pour rendre le rythme encore plus fou. C’est donc avec plaisir qu’on rit au fil des planches des petites vannes glissées dans les dialogues servis par des personnages hauts en couleur. On saisit leurs caractères au premier coup d’œil tant le trait les rend parfaitement lisibles par un jeune public. Bien loin d’être terrifiante, cette petite BD pleine d’ectoplasmes est en fait un concentré d’humour et de tendresse, avec cette drôle de famille complètement inattendue. On adhère totalement.

Points forts

Graphisme 100%
Histoire 100%
Pédagogie 80%
Ludique 100%

Qui a testé?

Z. à 11 ans. Elle avait déjà lu les 4 premiers tomes et attend tous les ans la sortie du nouveau volume avec impatience. Jamais déçue.

Les images

La fiche

Mr Tan

Yomgui Dumont

Casterman

11,90 euros