Albert, le monstre solitaire

A partir de 5 ans • « Il était une fois un monstre solitaire qui s’appelait Albert. »  Albert, quand il était jeune, il était cool. Un peu turbulent, mais cool. Apparemment trop turbulent pour les villageois qui, un peu flippés, décidèrent de le bannir à la Roche-Qui-Résonne (autant dire au bout du monde) où il vécut pendant 60 ans, uniquement accompagné de sa guitare rose.
Jusqu’au jour où un apprenti chevalier haut comme trois pommes, Perceval le Fier, vint le provoquer sur son fidèle destrier-jouet, à grands coups de navets. Mais sont-ce vraiment des manières pour un preux chevalier? Et si au lieu de l’attaquer, il tentait d’apprendre à le connaître? C’est donc autour du rock’n’roll endiablé, de virées à moto et de séances pop-corn-tv, qu’ils scellèrent une belle amitié.
Alors le jour où les villageois, par ennui et par bêtise, voulurent se lancer à nouveau dans une chasse au monstre, le courageux petit chevalier s’interposa et expliqua: ce qu’Albert peut leur apporter vaut bien mieux qu’un combat…

Monstrueusement cool

A priori, tout est fait pour que ces deux-là ne s’entendent pas: l’un est un monstre donc est censé être cruel et méchant, et l’autre est un apprenti chevalier, donc il doit chasser le monstre. Sauf que… un peu de musique et deux belles âmes ne peuvent que se rapprocher. Perceval a bien plus envie de s’amuser avec un copain que de se battre. Albert, lui, n’a aucune autre intention que de jouer de la guitare, et de faire la fête. Et puis il en a marre d’être sans cesse attaqué. Le gamin découvre alors que les monstres aussi ont des sentiments.

Cet album est une ode à la tolérance, à la coolitude (si, ce mot existe), à l’amitié et à la fête. Et au rock’n’roll! Tout cela à la fois. Parce qu’après avoir pris Albert en grippe, les villageois se rendent enfin compte que sa rock’n’roll attitude leur fait défaut. Un peu de mouvement et de vie, et surtout de lien social, est bénéfique à tout le monde. Albert est ni plus ni moins qu’un gros hardos bien coolos. Pas du tout le genre de monstre dangereux qui avait été dépeint. Et ce n’est pas parce qu’il vit différemment qu’il faut l’exclure. Apprendre d’une autre culture, c’est bien plus intéressant.

Les illustrations de Sara Ogilvie, qu’on avait découverte ici dans Détective mystère, sont très expressives et plutôt mignonnes. Quelques références utra cool à la culture rock’n’roll, comme un poster de Johnny (mais pas vraiment Hallyday), amuse l’oeil de l’adulte narrateur. En bonus, si vous parvenez à trouver la bernique qui se cache dans presque toutes les illustrations, vous êtes monstrueusement bon!

Qui a testé?

Krakotte à 6 ans. Elle aime bien ce monstre Albert et sa rock’n’roll attitude et adore que les histoires se terminent bien. Là, elle est servie!

Les images

La fiche

Autrice: Anna Kemp

Illustratrice: Sara Ogilvie

Editeur: Little urban

Prix: 13,50 euros

Points forts

Graphisme 100%
Histoire 100%
Pédagogie 95%
Ludique 100%