Coiffeur pour monstres

A partir de 4 ans • « C’était dans une ville sombre, sous un ciel noir. Dehors, comme d’habitude, il pleuvait… quand un hurlement traversa le salon ». C’est juste Mamie en fait. Elle demande à Oscar de se bouger un peu et d’aller chez le coiffeur: il paraît qu’il commence à faire peur avec ses cheveux en bataille. Oscar s’exécute et part à la recherche d’une boutique ouverte sous cet orage, si tard le soir… Brrr… Lugubre ambiance. Au détour d’une ruelle sombre et tordue, il tombe sur l’enseigne « Coiffeur pour monstres » (oui bah pourquoi pas?). Parfait! Mais une fois la porte passée, tous les clients se figent et le regardent d’un air étonné: un petit garçon??? Oui, il faut dire que la clientèle ici est composée d’un mini-dragon, d’un yéti, d’une chauve-souris géante et autres machins-trucs improbables, plus ou moins poilus… Avant qu’il n’ait le temps de réfléchir d’avantage, le maître des lieux, un petit coiffeur agile et pressé, lui fait une petite coupe rapidos. Mission accomplie. Mais quand Oscar veut payer, le coiffeur lui propose un marché: comme il semble faire peur aux monstres avec son aspect de p’tit humain, il lui offre la coupe s’il reste l’aider à tenir au calme sa clientèle bigarrée. Le garçon accepte et se met à l’ouvrage: tresser un orang-outang mutant, tondre en brosse une araignée velue ou friser les tentacules du Kraken. Jusqu’au moment où un monstre d’un autre genre débarque au salon: son étrange Mamie, sacrément remontée par sa désobéissance, vient le chercher par la peau des fesses…

Mais qui sont les plus monstrueux?

Les apparences sont trompeuses, c’est la conclusion qu’on pourrait tirer de cette amusante histoire. La chute est une surprise: on s’aperçoit qu’Oscar et sa grand-mère ne sont pas exactement ce qu’on avait cru comprendre tout au long de l’album. Et accessoirement, que les clients du petit coiffeur ne sont pas les plus… monstrueux!
On rit des créatures fantaisistes et plus farfelues les unes que les autres, et particulièrement d’imaginer des êtres plutôt perçus comme vilains ou répugnants aller s’offrir une petite beauté mocheté chez un coiffeur spécialisé. C’est que c’est du boulot, d’être aussi monstrueux.
Le petit Oscar-monstre, sous son déguisement d’humain, est ravi de la tournure inattendue que prend sa banale visite chez le coiffeur. Lui qui s’ennuyait chez sa grand-mère… Cette dernière est sévère et tient apparemment à ce que la famille ne soit pas assimilée à ces monstres sans classe. Elle se considère bien supérieure. Oscar, lui, prend du plaisir à être avec eux, il ne semble pas partager ces jugements de valeur. Il a surtout l’air bien plus à l’aise avec sa véritable nature que Mamie.

Le trait d’Eglantine Ceulemans (prononcer Keulemansss) est absolument parfait pour illustrer cette histoire. L’imaginaire et la liberté qu’elle offre aux personnages permet la naissance des monstres les plus surprenants: loufoques et rigolos, les enfants les adorent, surtout parce qu’ils ne sont pas conventionnels et n’ont vraiment pas l’air bien terrifiants.
Un parfait album d’Halloween qui ne fait pas vraiment peur mais qui fait franchement rigoler.

Qui a testé?

Krakotte à 7 ans. Découvert à sa sortie, elle le reprend avec plaisir avec l’arrivée d’Halloween.

Les images

La fiche

Auteur: Alexandre Lacroix

Illustratrice: Eglantine Ceulemans

Editeur: Père Castor

Prix: 13,50 euros

Points forts

Graphisme 90%
Histoire 100%
Pédagogie 80%
Ludique 100%