Je marche avec Vanessa

A partir de 5 ans • Vanessa, c’est la nouvelle. Sans ami, elle se sent un peu isolée. Pas toujours facile d’arriver dans une nouvelle école. Alors quand la petite teigne de service s’en prend à elle, et tente de l’intimider sur le chemin de l’école, la colère monte dans le ventre d’une jeune élève en robe jaune, témoin de la scène. C’est notre petite héroïne. Cette scène de méchanceté gratuite et injuste, la révolte. Elle en parle à ses copains. Ca lui occupe l’esprit toute la soirée. Elle décide qu’il faut intervenir. Mais que faire? Affronter le petit garçon mal élevé? Pas sûr que cela fonctionne. Et puis, il a l’air vraiment méchant…
Le lendemain matin, la meilleure des idées lui vient. Elle décide d’aller sonner chez la petite Vanessa et lui propose de
marcher à ses côtés sur le chemin de la classe. Ravie, Vanessa accepte. Un copain les rejoint, puis deux, puis trois et bientôt toute l’école entoure la nouvelle. Vanessa a retrouvé son joli sourire. Vanessa n’est plus seule, et il est fort à parier qu’elle ne sera plus non plus harcelée.
A son tour isolé, la petite terreur se sent un peu bête. Tant pis pour lui.

Empathie et ouverture vers l’autre

C’est une histoire sans texte. Pas de texte et pourtant un grand message : comment une simple bonne action peut avoir de grandes retombées. Ca parle harcèlement scolaire, intimidation, « bullying » comme on dit aux States mais surtout altruisme, ouverture vers l’autre et vivre-ensemble. Les illustrations sont sobres, mignonnes et essentielles, comme les valeurs de cet album.
La difficulté de ce type de narration, est de parvenir à faire passer tous les messages et qu’on souhaite sans un mot. Les illustrateurs de Kerascoët ont relevé le défis haut la main.
Par exemple, pour exprimer le retournement de situation et le retour de Karma qui s’abat sur le petit garçon méchant, les élèves de l’école sont représentés comme une grande unité, un gros groupe d’enfants souriants, de toutes les origines et de tous les styles. Au fil des dernières pages, le petit garçon méchant est dessiné de plus en plus à l’écart, de plus ne plus décentré dans la page, au point de finir coupé, dans la coin en bas à gauche.

A noter que le personnage de la petite Vanessa a été représenté avec la peau noire. On peut donc y ajouter un second niveau de lecture si on décide de considérer que le petit garçon la maltraite à cause de la couleur de peau, en plus du fait qu’elle est nouvelle. Cette interprétation est libre selon moi et probablement laissée ouverte en fonction de ce que le lecteur (ou l’adulte accompagnant) souhaite y mettre.
Inspirée d’un fait réel qui s’est déroulé aux États-Unis, cette histoire muette est l’illustration parfaite de l’effet boule de neige et montre à quel point l’élan d’un personne peut être fédérateur quand il est bien intentionné.
Joliment et simplement amené, peut-être un peu utopique, le message est intemporel et par conséquent, tout à fait d’actualité.
A mettre entre toutes petites mains.

Qui a testé?

Krakotte à 4 ans. Déjà naturellement pleine d’empathie, elle a totalement adhéré à cette histoire.

Les images

La fiche

Illustrateurs et illustrateurs:
Kerascoët

Editeur: La Pastèque

Prix: 16 euros

Points forts

Graphisme 90%
Histoire 100%
Pédagogie 80%
Ludique 100%