Complot contre la Duchesse

Roman ado • Alice n’est pas très rassurée quand elle entre dans le château d’Elffinberg. C’est pourtant dans cette bâtisse gigantesque et hideuse qu’elle va devoir travailler. Elle devrait être fière que la princesse (la grande duchesse en fait) de ce petit pays l’ait recrutée pour devenir sa femme de chambre. Mais pourquoi elle? C’est vrai, elle n’a rien de spécial, sinon qu’elle est extrêmement discrète, voire transparente, une qualité essentielle pour ce métier. Et pourquoi être venu spécialement jusqu’à Londres pour elle?

On lui avait expliqué, en venant la chercher à l’Institut supérieur de domesticité où elle se formait à son métier, que c’est parce que ses parents étaient originaires de ce pays mystérieux et renfermé sur lui-même… Mais on l’avait aussi prévenue : ce pays est bizarre, il est d’ailleurs interdit d’en partir (les parents d’Alice ont dû fuir, on présume), et des bruits courent sur la santé mentale de la jeune duchesse. Elle serait irascible et paranoïaque, elle verrait des complots partout, au point de se mettre toute la cour à dos. Quant au dernier conseil qu’Alice avait entendu avant d’arriver au château, « ne fais confiance à personne », il l’avait laissée plus que perplexe…

Les premiers contacts avec les lieux et ses occupants sont difficiles. Alice a du mal à s’y retrouver dans ce dédale de couloirs et de salles et les autres domestiques ne sont pas franchement accueillants. Quant à la grande duchesse, elle est en effet un peu bizarre, et terrifie Alice quand elle parle dans son sommeil d’une voix rauque. Mais petit à petit, Alice gagne sa confiance. Elles ont le même âge, ça facilite les choses. Alice l’orpheline a droit aux premières confidences de la duchesse sur ses ancêtres et découvre en déambulant dans la bibliothèque qu’une malédiction a frappé jadis ce petit pays.

Lors d’une escapade en cachette dans la ville, elles entendent des rumeurs : des enfants ont été enlevés, des récoltes ont été brûlées… La duchesse est terrifiée. Serait-ce le retour du Fléau d’Elffin, le dragon que le prince Elffin avait ramené avec lui du pays de Galles? « C’est comme dans le jeu de ces enfants : le dragon sort de sa tanière et attaque le pays, jusqu’à ce qu’on lui sacrifie une princesse. C’est le plan », explique la duchesse, avant de partir en courant, craignant pour sa vie. Mais ce dragon existe-t-il vraiment ou quelqu’un a-t-il intérêt à perpétuer cette légende ? Mais qui?

La domestique devient enquêtrice

Le jeune lecteur (attention c’est un vrai roman, sans images) n’aura aucun mal à aller au bout de ce livre découpé en chapitres d’une dizaine de pages. Le récit est agréable, rythmé, les passages de descriptions, très importants, sont courts, et on ne perd pas le fil de l’intrigue. Celles-ci permettent de plonger dans le décor de ce château lugubre et du petit monde des « petites gens », de ce petit pays imaginaire et de l’époque, le XIXe siècle.

D’ailleurs, le livre commence, et c’est astucieux, par une « présentation succincte des domestiques » et de leurs fonctions. Et chaque paragraphe débute par une citation des « Devoirs d’une femme de chambre », livre qu’Alice emporte avec elle de Londres jusqu’en Elffinberg. Autre fil conducteur.

L’intrigue, à partir de l’escapade en ville de nos deux héroïnes, s’accélère. La petite domestique se transforme en enquêtrice naturellement, partant sur les lieux des enlèvements, recueillant les indices, écartant les fausses pistes… et laissant d’ailleurs entrevoir un caractère bien trempé. Pour pimenter le tout, les derniers chapitres prennent des accents surnaturels. Je n’en dirai pas plus, sauf que je n’ai pas réussi à trouver l’identité du « méchant » avant de l’avoir lue… signe que cette histoire n’est pas loin d’être très réussie !
C’est le premier Tome d’une série nommée « Alice à votre service! ». On a hâte de la retrouver dans une suite…

Qui a testé?

Moi même! Un roman super bien réussi qui fonctionne parfaitement bien et parvient à accrocher même une adulte. Je n’ai pas vu la fin venir!

Les images

La fiche

Auteur: Laura Powell

Editeur: Casterman

Prix: 12,90 euros

Points forts

Graphisme 70%
Histoire 100%
Pédagogie 60%
Ludique 100%