Le fantôme de Canterville

A partir de 9 ans • Londres, 1887. La famille Otis vient s’installer dans le château de Canterville Chase, pourtant réputé hanté par le tristement célèbre fantôme de Sir Simon depuis plus de 300 ans. Malgré toute sa carrière de fantôme, Sir Simon n’était pas prêt à cohabiter avec une pareille famille: pas effrayés pour un sous, les Otis ne croient  tout d’abord pas à ces histoires de phénomènes paranormaux. Pragmatiques, ils s’évertuent à nettoyer la tâche de sang ineffaçable laissée au sol de la bibliothèque lorsque Sir Simon a assassiné sa femme. Mais voilà, elle revient tous les matins. Il faut se faire une raison : ces rumeurs semblent vraies. Soit. Quand le père Otis est réveillé en pleine nuit par les grincements de la chaîne du fantôme, il va à sa rencontre : « Cher monsieur, je vous prie instamment d’huiler vos chaînes ».
Le fantôme de Canterville est abasourdi par le flegme et la réaction peu commune de cette famille. Jamais il n’a été autant ridiculisé, humilié. Il n’est pas au bout de ses peines et va même se faire malmener par les intrépides jumeaux, qui rivaliseront de génie pour lui faire les pires farces. Seule Virginia, la sœur ainée jusqu’ici complètement détachée de cette histoire de fantôme, va finalement trouver comment parler à Sir Simon et lui permettre de débloquer la situation.

Une parfaite adaptation illustrée

Tout d’abord, l’album est magnifique. La couverture noire et granuleuse comme un cuir, les dorures et les gaufrages en creux sur l’illustration donnent tout de suite un sacré cachet à l’objet. Petit détail dont je suis particulièrement fan: il y a un petit ruban marque-page cousu dans la piqûre du livre. Tellement classe. J’adore.
Les illustrations sont tout simplement géniales. Très fleuries et sombres à la fois, le style est très Belle Epoque avec une pointe de Dia de los Muertos mexicain. Les pleines pages sont presque des affiches. D’ailleurs, certaines en sont! L’illustratrice a carrément dessiné des affiches publicitaires des produits cités, notamment celui avec lequel les Otis tentent de nettoyer la trace de sang de la bibliothèque.
On retrouve ici l’ironie d’Oscar Wilde (cet album est une adaptation d’une de ses nouvelles) vis à vis des publicités aux slogans accrocheurs: la famille Otis vient des Etats-Unis et voit arriver les prémices du marketing à la Belle Epoque, cette période faste de croissance économique et industrielle.
La nouvelle originale d’Oscar Wilde est pleine d’humour et de dérision envers ce pauvre fantôme, qui se retrouve dans une situation d’échec monumental face à cette famille stoïque. Il va lui arriver tous les malheurs et toutes les maladresses du monde avant d’être enfin libéré de son sort par la patience et l’attention de Victoria. L’illustratrice, Elléa Bird, a parfaitement mis en image cet humour et cette dérision.

Qui a testé?

La cousine S. à 10 ans et moi. Elle a bien ri des mauvais tours que les jumeaux ont joués au fantôme. Pour ma part, je suis totalement fan du travail magnifique de l’illustratrice.

Les images

La fiche

Auteur: Oscar Wilde

Illustrateur: Elléa Bird

Editeur: Editions Jungle

Prix: 14,95 euros

Points forts

Graphisme 90%
Histoire 100%
Pédagogie 80%
Ludique 100%